La Midan Saad Zaghloul ouvre sur la mer. Une agréable balade le long de la corniche mène jusqu’au fort de Qaït Bay, construit au XIVème siècle sur l’emplacement présumé du célèbre phare antique. En couple ou en famille, les habitants de la ville aiment à flâner sur le front de mer à la nuit tombante. Certains préfèrent la balade en calèche. Entre la Midan Saad Zaghloul et le quartier d’Anfushi, ne manquez pas les agréables souks de la ville organisés par métiers et corporations.
Bizarrement, lorsqu’on l’a compare au Caire ou à Louxor, Alexandrie apparaît plutôt pauvre en vestiges de l’Antiquité. Aucune trace par exemple de son célèbre fondateur, Alexandre le Grand. On a peine à imaginer que la ville rivalisa avec Rome et Athènes pour le nombre et la qualité architecturale de ses bâtiments.
On se contentera ainsi, le plus souvent, de la visite du site de Kom al-Dikka, dans le centre de la ville, avec son amphithéâtre romain très bien conservé et une zone de fouille où s’éparpillent quelques rares colonnes et les vestiges d’une villa romaine.
En s’éloignant encore du centre-ville, on tombe sur le Serapeum (acropole) et la colonne de Pompée, lesquels n’impressionneront pas le visiteur outre mesure. En revanche, non loin de là, se trouvent les étonnantes catacombes de Kom ash-Shuqqafa. Celles-ci constituent la plus vaste nécropole romaine d’Egypte, avec ses tombes et chambres funéraires creusées sous trois niveaux.
En l’absence de vestiges de son riche passé, on pourra compenser sa frustration par une visite du musée gréco-romain d’Alexandrie, agréable plongée dans l’histoire artistique de l’Egypte, même s’il ne tient guère la comparaison avec le superbe musée du Caire.
A l’instar des fouilles dans le port organisées ces dernières années sous la direction de Jean-Yves Lempereur, Alexandrie reste en quête d’un prestigieux passé aux empreintes encore bien rares. Nul doute que la magie de la ville est aujourd’hui à rechercher d’abord dans l’atmosphère et l’ambiance de ses rues animées.